Le « remplacisme » concerne aussi notre politique internationale : les bombardements du 14 avril 2018

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Billet d’humeur de Nicolas Faure, membre du bureau départemental, ex candidat suppléant aux législatives 2017 (2eme circonscription), repris de Boulevard Voltaire

Ça y est, c’est fait. Il y a deux jours, la France et ses alliés ont, d’après les médias officiels, bombardé des stocks d’armes chimiques sises sur le territoire syrien sans l’accord du Conseil de sécurité et sans preuves formelles sur la possession desdites armes. Foin de droit et de légalité, M. Le Drian a invoqué « la légitimité » d’une telle action avec les allures d’un prophète de l’Ancien Testament.

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Par ce fait, monsieur Macron, dans la suite de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, continue la grande braderie de l’héritage gaulliste de la politique arabe de la France.

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Le message de la France, en 1948, en 1967 et 2003, fut toujours celui de la modération dans le cadre des conflits régionaux. Mais à priori, le « remplacisme » cher à Renaud Camus concerne aussi notre politique internationale et notre diplomatie ! Dès lors, un seul objectif a été fixé par le chef de l’État actuel : remplacer notre politique internationale pour coller au plus près de la politique américaine, même si celle-ci se déploie contre nos intérêts vitaux !


Masochisme, me direz-vous ? Non, simplement un mauvais calcul… ce qui devrait encore plus nous inquiéter sur les compétences de ce gouvernement.


En effet,
– affaiblir le régime de Damas concourt à redonner vie à Daech, qui ne manquera pas, les mois ou les jours prochains, de multiplier ses attaques terroristes sur le sol français ;
– affaiblir le régime de Damas contribue à nous couper de notre allié naturel, la Russie ;
– affaiblir le régime de Damas participe à affaiblir encore plus la position des chrétiens d’Orient ;
– affaiblir le régime de Damas, c’est instituer une dépendance accrue entre notre pays et les États-Unis ;
– affaiblir le régime de Damas, c’est, enfin, remobiliser toute l’opinion publique arabe contre l’Occident, qui apparaît une nouvelle fois comme une puissance néocoloniale autorisée à bafouer le droit international public pendant que d’autres États, comme Israël, ne sont jamais sanctionnés dans le cadre de telles violations.


La politique internationale de la France est la continuité d’une chaîne historique : les grands noms de l’Histoire de France l’ont façonnée au fil des siècles, avec notre peuple qui a payé le prix du sang jusqu’au début des années soixante. Or, cette chaîne s’est brisée.


Le peuple français est témoin de cette rupture. Il n’appartient qu’à lui de rappeler à ses gouvernants qu’ils ne sont qu’usufruitiers d’une politique étrangère et non pas propriétaires.

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