Collomb, Macron et les autres : voici ce qui leur manque…

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Billet d’humeur de Nicolas Faure, membre du bureau départemental, ex candidat suppléant aux législatives 2017 (2eme circonscription), repris de Boulevard Voltaire.

Marketer la police de sécurité du quotidien (PSQ) sans parler de justice et d’immigration, c’est la belle pirouette dont monsieur Collomb nous a gratifiés en ce début d’année…

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Étendre l’Empire, comme le fit Auguste, vouloir imposer la République tout entière à l’Europe selon Napoléon, dire non au nazisme dans la doctrine du général de Gaulle, combattre le régime soviétique à la façon de Soljenitsyne. Et si le courage n’était pas, en fait, le moteur de l’Histoire, grand ignoré de Marx qui ne le mentionne pas dans son œuvre ?

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Un constat simple : depuis une quarantaine d’années, nous assistons au déclin de la valeur « courage », valeur fondatrice de l’histoire humaine, en particulier en Occident (la notion de courage, en Orient, mériterait un développement spécifique).

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Les raisons à ce changement sont multiples : une technocratie envahissante qui annihile les personnalités, une féminisation croissante de la société qui érige la paix en valeur suprême ainsi qu’un irénisme récurrent issu de la religion des Droits de l’Homme. Ces facteurs nous ont conduits dans une impasse anthropologique. L’Homme devient lâche par essence : il tue ses semblables en appuyant sur le bouton de commande d’un drone, il braque une banque avec un logiciel espion, il gagne des millions en restant assis devant un écran, en ne risquant rien ou presque rien, en tout cas pas ce qu’il a de plus précieux – sa vie.

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La question est la suivante : l’Homme est-il toujours un Homme s’il est dépourvu de courage et, par là même, ne contribue-t-il pas, de ce fait, à sa propre disparition ? Revenons aux premiers temps de l’humanité.

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L’Homme, si faible, physiquement destiné à disparaître dès son apparition sur la Terre comme le dit Sédillot, a su s’adapter à des conditions extrêmes. Au climat, certes, mais aussi à l’environnement hostile. Quelle fut la réaction du premier Homme qui s’est retrouvé nez à nez avec une bête fauve beaucoup plus forte que lui par sa taille, par sa vigueur et par sa férocité ? La peur, sûrement, mais aussi le combat, acmé du courage, sous la forme d’un duel mortel avec l’animal qui, une fois gagné, lui permettra aussi de se nourrir, de se vêtir, de survivre et de « dominer la Terre », comme le mentionne la Genèse. D’une manière concomitante, l’Homme est devenu guerrier, contre son ennemi, contre son semblable, contre son frère. Il s’est transformé en prédateur universel, en particulier contre sa propre espèce et, depuis lors, c’est une constante : la guerre l’habite, qui « doit être divine en elle-même car elle est la loi du monde », comme le répète Joseph de Maistre. Le XXe siècle, le siècle de la guerre par excellence, a prouvé que le courage, s’il était utilisé par les régimes totalitaires pour exalter les foules décrites par Lebon, exprimait aussi la flamme de la résistance nationale et l’abnégation suprême pour sauver la patrie en danger.

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« Darwin, reviens » pourrait être la nouvelle maxime des patriotes et des souverainistes décidés à combattre ce fléau moderne que l’on appelle par euphémisation « individualisme ». Il est l’expression du nihilisme, comme le soulignait déjà Nietzsche, et se nomme en fait « lâcheté » ou « indifférence », le plus bas degré de la liberté, selon Rousseau… Notons, au passage, la disparition du mot « lâcheté » du champ lexical, transformé pour l’occasion par les plumitifs en « accommodement » et « tolérance », façon moderne de déresponsabiliser un individu désirant toujours plus de confort et de bien-être.

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Alors, Mesdames et Messieurs les politiques, foin de vos discours, congrès, think tanks, clubs de pensée, réunions et ateliers de travail, faites preuve de courage dans vos actions ; honorez vos ancêtres qui, jadis, risquaient leur vie chaque jour, sans en avoir conscience, tout simplement pour vivre et pour exister ; ce nouveau courage mobilisera les masses, créera une dialectique et accouchera d’une Histoire, certes « tragique », comme le disait Raymond Aron, mais ancrée dans l’action et la réalisation de la destinée humaine.

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